La psychothérapie, la sophrologie et la sophrothérapie

 
pont mer 3 

 

Démarche personnelle

 

Etre en psychothérapie, en sophrothérapie, ou en stage d’évolution personnelle, c’est entrer en démarche personnelle, indissociable de la notion d’engagement.

Seul, le thérapeute ne peut rien faire !

Quelle que soit notre histoire, notre vie, nous passons par des expériences, des rencontres, des épreuves… et c’est à partir de cela que nous « grandissons ». Engagé dans ce contrat très personnel et intime, le travail progresse dans la confiance en  soi et en l’autre.

Au fond le rôle du thérapeute est d’aider l’usager à trouver en lui des réponses, des ressources, à mettre un mouvement « différent » et à « entreprendre sa vie »,  d’aller vers une autonomie différenciée dans le cadre d’un travail qu’il a choisi.

 

 

La psychothérapie

 

Ce travail personnel s'inscrit dans une dimension émotionnelle, qui se révèle dans tout notre être, d’où une approche globale de la personne ; il se fait dans le respect du rythme et de l’histoire de chacun : apprendre à ressentir, à être présent dans son corps, à ce qui se vit, à découvrir qui nous sommes au travers de nos forces, nos failles, nos résistances insoupçonnées, nos illusions qui se reflètent dans notre comportement, notre gestuelle, notre voix, dans tout ce que nous dégageons. En effet nous sommes un équilibre complexe dans notre réalité corporelle, émotionnelle, mentale,… et dans notre existence au monde ….

 

La culture sociétale actuelle, notre éducation familiale, la peur de manquer, d’être abandonné, d’être humilié, voire traumatisé… nous ont souvent amenés à nous couper des sensations corporelles, à les banaliser, à nier l’intuition, à retenir nos émotions, les réprimer au risque parfois d’en étouffer, de n’être que dans le mental, voire l’émotivité (si différente de l’émotion) ! Nous pouvons aussi somatiser et notre corps douloureux exprime tout haut l’émotionnel, parfois enkysté depuis longtemps, ou encore ce que nos refusons de dire par la parole.

Réapprendre l’émotion, la sensation, l’écoute intuitive, l’expression juste, c’est rencontrer l’équilibre mais aussi se rassembler, tendre vers un tout plus ou moins cohérent, c’est retrouver son humanité  et affirmer sa différence, son unicité.

 

Entre l’accompagnant et l’accompagné va se créer une alliance thérapeutique tissée d’émotions, de sentiments, ce que nous nommons dans le langage thérapeutique le transfert et le contre-transfert. C'est un travail de confiance, d'intimité, de conscience.

 

Notre rôle de psychothérapeute est d’apporter un éclairage différent sur un événement présent ou passé pour mieux vivre « demain », ce futur aléatoire. L’allègement émotionnel ressenti sera le garant d’un travail réalisé. Au fur et à mesure se dessinera plus clairement le sens que nous souhaitons donner à notre vie, sans oublier l’affirmation de nos valeurs. 

La compréhension et une meilleure connaissance de soi permettent dans un premier temps de mieux vivre avec soi, mais cela ne suffit pas ; là encore après avoir décidé des choix et des deuils à réaliser, il est nécessaire de les mettre en acte, en mouvement, de ne pas être que dans le penser et le dire. Et là nous comprenons ce que signifie véritablement l’engagement à soi. Progressivement nous nous affranchissons de nos peurs et enlevons les couches de carapace qui semblaient nous protéger alors qu’elles nous permettaient seulement de survivre et nous commençons à nous regarder tel que nous sommes ni plus ni moins…

 

Tous ces efforts pour nous changer intérieurement transformeront aussi notre réalité extérieure, il s’agit de choisir sa vie, de la vivre et non plus de la subir ou en être victime. Cependant grandir en dignité et légitimité ne se crée pas seul mais avec l’autre ou les autres, et nous amène aussi à travailler nos ombres, des parts de nous plus obscures et sombres, dont nous sommes peu fiers (ères). Il faut en effet beaucoup de courage, de confiance et d’humilité pour « naître » à soi même.

 

Y a-t-il une fin à ce travail personnel, nous ne le savons pas… De soi à soi, sans doute non si nous sommes engagés pleinement dans nos vies en conscience…

 

L’objectif d’une psychothérapie est de parvenir à l’individuation, et entre temps de gagner en autonomie intérieure tout en étant conscient de l’interdépendance.

 

Cependant, quelle que soit la finalité, le travail peut s’arrêter à la demande d’une des deux parties pour des raisons très diversifiées.

 

 

La sophrologie

 

La sophrologie sur un plan étymologique, c’est l’étude de l’harmonie de la conscience.

 

La sophrologie permet de rétablir un équilibre entre l’esprit et le corps, de relâcher les tensions physiques, mentales et émotionnelles afin de vivre pleinement dans l’instant et au meilleur de ses possibilités les évènements de la vie ; elle permet de prendre de la hauteur ou du recul par rapport au vécu évènementiel.

Elle apprend à se ressourcer, à se reconnecter à son espace intérieur, cet espace si intime, riche, de ce que nous sommes, et de créativité, pour retrouver la force mais aussi la foi en soi. Présent à soi-même nous développerons encore plus subtilement nos sens et nous découvrirons une palette de perceptions très nuancées qui nous amènent à plus de conscience de ce qui se passe en nous et autour de nous. L’expression verbale de tous ces ressentis nouveaux est suggérée, conseillée mais pas obligatoire, il s’agit souvent de ré-apprivoiser sa parole.

C’est aussi une pédagogie du quotidien et une philosophie de vie.

 

 

La sophrothérapie

 

La sophrothérapie est une alliance subtile entre la sophrologie et la psychothérapie.

Elle peut être utilisée dans des séances individuelles par des usagers, qui ne souhaitent pas entamer un travail de psychothérapie, mais juste rétablir un équilibre par rapport à un évènementiel précis passé ou à venir.

Cependant le thérapeute est en droit de suggérer à l’accompagné qu’un travail en psychothérapie est nécessaire.

 

Elle est à l’œuvre dans le cadre des stages d’évolution personnelle, qui peuvent compléter un travail individuel.

Les stages d’évolution personnelle s’inscrivent dans une démarche de rencontre de soi, de l’autre et des autres. Il ne s’agit pas d’une thérapie de groupe, même si la forme s’en approche, mais plutôt d’un travail personnel qui s’appuie sur le vécu, l’ouverture, le partage, l’entraide collective, la tolérance, la conscience de l’altérité et...

 

Dans ces stages, qui se déroulent durant un week-end, voire une semaine en résidentiel, se crée une synergie de groupe avec effets miroirs, transferts, projections, se révèlent des fonctionnements inconscients adoptés au sein de nos familles (biologiques, culturelles, sociales…), qui parfois se répètent de génération en génération. Et se découvrent de véritables forces vives de la vie intra-utérine et la manière de naître au monde.

 

Au delà de l’effet de groupe, le travail corporel - écoute du corps dans ses sensations, ses émotions, ses maux… -  permet de retrouver son intériorité, d’être présent à soi-même et de ramener à la conscience des mémoires du passé, des perceptions restées dans l’ombre. Tout au long du stage, chacun sera amené à se positionner ; progressivement s’esquisse un axe avec des choix à poser et bien sûr des deuils  à faire… Ces stages sont en effet des viviers d’expérimentation qu’il s’agit ensuite d’ancrer dans le réel.

Il est par conséquent primordial de les vivre avec intensité, c’est un matériau riche d’enseignement, car un des obstacles à notre accomplissement humain est notre refus de vivre le « nouveau » par trop de « tièdeur ».

 

Les stages d’évolution personnelle peuvent être en effet vécus comme de simples expériences à intégrer dans le réel, mais peuvent aussi nous amener à aller encore plus loin et à nous dépasser individuellement d’où le nom d’Evolution personnelle.

Dans cette intimité retrouvée, nous retrouvons notre « essentiel » et réveillons en nous le désir, bien précieux de la vie et bien sûr l’espérance d’un monde meilleur. Rien n’est donc achevé, l’équilibre est toujours à réajuster et surtout notre cohérence dans cette transmission à nos enfants et les générations à venir...

 

Nous sommes en effet tous garants des uns et des autres, du monde…. Plus nous avançons sur le chemin de notre autonomie différenciée, plus nous trouvons du sens à la vie, plus nous prenons conscience :

-        de notre unicité, de la nécessité de notre place dans le monde,

-       de l’égalité, de la pérennité des échanges et par là de la richesse de tous mais aussi de l’humilité, du doute, de l’altruisme …

-       de la nécessité du retour à la rêverie au temps plus long, fragile, pour redessiner un avenir plus léger et tangible

Ce n’est plus un travail, c’est un choix de vie où la vérité de l’instant ne sera plus celle de demain ! Ce qui demande de trouver le juste équilibre entre l’exigence et la douceur de vie, tout est en fait une question d’équilibre !